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Avant les Jeux paralympiques. En savoir plus

L'atelier et la maison, aménagés par leur propriétaire le peintre Alfred Manessier (1968-1969), ont reçu le label Patrimoine d'intérêt régional lors de la commission permanente de juillet 2023.

Cette longère traditionnelle, un peu en écart du village d’Emancé, figure déjà sur le plan cadastral de 1829. Constituée d’un seul niveau sous combles, tout en longueur, elle incluait une partie servant de grange. De façon typique, l’ensemble des ouvertures et accès étaient percés sur le mur gouttereau de devant, plein sud. A la fin du XIXe, un pavillon d’habitation, composé d’un rez-de-chaussée surmonté d’un étage carré et d’un étage de comble, fut ajouté à l’extrémité de la longère. S’y adossèrent deux petits bâtiments en appentis, côté nord.

C’est sous cet aspect qu’en 1956 Alfred Manessier (1911-1993) décida d’acheter la maison, que complétaient une grange et un bûcher. Ce maître de l’Ecole de Paris, déjà très reconnu, cherchait une maison-atelier où travailler et vivre avec sa famille, parallèlement à sa résidence-atelier de Paris, et d’où il pourrait facilement rejoindre les ateliers du vitrailliste Lorin, à Chartres, et de tapisserie à Houx. Explorant ces techniques et répondant à des commandes publiques, le peintre conçut à cette époque de nombreux vitraux et tapisseries dans son atelier d’Emancé.

Verrière abstraite colorée, par Alfred Manessier, 1968-1969.
Crédit photo : © Chloé Bazaud, Région Île-de-France
Verrière abstraite colorée, par Alfred Manessier, 1968-1969.
Ensemble de 7 verrières.
Chapelle de l'Assomption (Petites Sœurs de l'Assomption), Paris 15.
© Chloé Bazaud, Région Île-de-France

Manessier transforma et aménagea la maison lui-même. Architecte de formation, c’est lui qui présida aux ouvertures des baies en façade nord, préservant l’aspect traditionnel de la longère. Fait exceptionnel, la cuisine et le salon demeurent intacts. Dispositions, matériaux, œuvres et objets choisis par l’artiste sont conservés.

Plus extraordinaire encore, l’atelier créé par Manessier dans la grange, a été figé après son décès brutal en 1993. Ses œuvres peintes en cours, ses couleurs et pinceaux, tout demeure en place. Les deux bâtiments, longère et atelier sont reliés par un jardin clos de mur parsemé de sculptures qui appartenaient à Manessier, permettant une plongée dans l’intimité créative de l’un des grands artistes français du XXe siècle.

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