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patrimoine Découvrez plusieurs exemples exceptionnels d'habitations troglodytiques dans la boucle de Moisson (Yvelines).

L’Île-de-France n’est pas la région la plus renommée pour ses habitations troglodytiques et pourtant elle en recèle plusieurs exemples exceptionnels. Certains sont connus comme l’église d’Haute-Isle (95), ou les dépendances troglodytiques du château de la Roche-Guyon (95). Mais on trouve aussi de plus modestes habitations, celliers, pigeonnier et même une ancienne boîte de nuit. Voici quelques exemples rencontrés lors du diagnostic patrimonial de Seine-Aval, autour du dernier méandre de la Seine en Île-de-France : la boucle de Moisson.


Cette originalité est due à la géologie du bassin parisien, constitué d’empilement de couches sédimentaires, craies et calcaires. Comme le montre l’étude réalisée en 1992 par la DIREN. Ile-de-France-Bassin Seine-Normandie, et l’Association Ar’Site, deux bancs géologiques ont un rôle important : le santonien-campanien, gisement de craie qui affleure en falaise et qui a donné lieu à l’habitat troglodytique et le calcaire lutétien qu’on trouve sur le plateau et qui est exploité en carrières.


C’est l’arpentage du terrain qui permet de repérer ces lieux cachés, mais on en trouve aussi des indices sur le cadastre napoléonien.
En effet, quand les parties troglodytiques sont très développées, elles y sont représentées, comme à Méricourt où l’on voit à l’arrière du front bâti de la rue principale un second front, en rose plus clair, qui correspond à l’affleurement du rocher, en fond de cour.
Le cadastre napoléonien nous montre aussi un cas unique : l’église de Mousseaux-sur-Seine sur le toit de laquelle passe un chemin. Il s’agit en fait de l’ancienne église troglodytique dont il reste de spectaculaires vestiges, notamment le clocher percé dans le rocher.

Clocher de l’église de Mousseaux-sur-Seine - Crédit photo : © Région Île-de-France, L. Kruszyk, 2011, ADAGP

Lors de l’arpentage du territoire, de beaux aménagements ont été repérés, comme à Rolleboise, où le rocher en surplomb a fait l’objet d’une consolidation monumentale.

Consolidation d’un rocher en surplomb à Rolleboise - Crédit photo : © Région Ile-de-France, L. Kruszyk, 2011, ADAGP

La plupart des abris creusés dans la roche sont aujourd’hui des annexes agricoles, appelées communément boves, parfois surmontées d’un pigeonnier.   
À Mousseaux, l’un d’entre eux abrite l’ancien pressoir. À Rolleboise des cartes postales du début du XXème siècle attestent qu’on trouvait aussi des habitations qui sont révélées sur place par des vestiges de portes ou de fenêtres.  

 

Vestiges de fenêtre - Crédit photo : © Région Île-de-France, L. Kruszyk, 2011, ADAGP

Les utilisations contemporaines de ces boves ne manquent pas : à Mousseaux dans les années 1990 on pouvait aller danser dans une discothèque appelée « la Place » !...Dans des celliers de taille plus réduite on installe de nombreux garages ou des caves à vin. Il y a mille et une façons de tirer parti de cette particularité locale. Et comme de surcroît c’est un habitat écologique, il est peut-être promis à un bel avenir. On trouve déjà sur Internet dans d’autres régions des locations de gîtes troglodytiques et des portes ouvertes de maisons troglodytiques habitées.

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