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Dans l’histoire de l’art des jardins, du Moyen-Åge à nos jours, l’Île-de-France tient une place particulière. Ses jardins remarquables, fleurons de l’identité régionale, sont présentés par Julie Faure, conservatrice en chef du patrimoine, dans l'ouvrage "L'Île-de-France, un autre patrimoine". Découvrez-en un extrait.

L’ouvrage "L'Île-de-France, un autre patrimoine" s'appuie sur 40 années de recherche à l'inventaire général, et invite à découvrir ou redécouvrir les mille et une facettes du patrimoine francilien : ses églises gothiques et ses châteaux Grand Siècle, mais aussi ses aérogares, ses stades, ses cités-jardins et ses villes nouvelles, en passant par ses paysages de bord de Seine ou ses villages de caractère, qui ont inspiré les grands peintres du XIXe siècle. Découvrez tous les mois un extrait de chaque thématique abordée dans l’ouvrage.

L'Ile-de-France : terre de jardins

Au cours du Moyen Âge, tandis que la cour se fixe progressivement à Paris et ses alentours, les châteaux, les grandes demeures mais aussi les abbayes et les monastères essaiment sur le territoire et avec eux d’innombrables jardins : potagers, vergers, jardins de simples, parcs d’agrément.

À la Renaissance, l’Italie, s’inspirant du jardin romain antique, délaisse le jardin clos et plan du Moyen Âge pour un jardin escarpé, permettant des jeux de vues et une ouverture sur le paysage. L’eau, omniprésente, y est reine. Cascades, bassins, fontaines et jets d’eau ravissent le promeneur. En Île-de-France, terre de plaine, le modèle s’adapte pour donner le jour à des jardins d’exception où l’eau reste l’élément structurant. Les parcs de Fontainebleau et Courances en témoignent encore avec éclat.

Le Grand Siècle, incarné par André Le Nôtre, jardinier du roi, consacre l’art des jardins en Île-de-France. Vaux-le-Vicomte et Versailles, chefs-d’œuvre incontestables du maître, marquent définitivement l’Histoire et les esprits. Formé au dessin et à l’architecture, Le Nôtre développe un modèle de jardin régulier dit « à la française », qui ordonne la nature selon les principes de la géométrie, de l’optique et de la perspective. Conçu comme un prolongement architectural de l’édifice, ce nouveau style symbolise la victoire de l’ordre sur le chaos et célèbre la toute-puissance du Roi-Soleil.

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Le XIXe siècle apporte son lot de créations et de rénovations, le jardin de Joséphine à la Malmaison ou le parc du Luxembourg par exemple, sans oublier les aménagements des bois de Boulogne, de Vincennes, des Buttes-Chaumont et de nombreux squares, menés à Paris par Adolphe Alphand durant la période des grands travaux d’Haussmann. Avec l’avènement des transports et le développement de la villégiature, l’art des jardins se détache des puissants pour devenir l’affaire de tous. De nombreuses créations privées, des plus modestes aux plus ambitieuses, offrent à l’Île-de-France des lieux uniques et délicieux.

Le XXe siècle, enfin, connaît d’heureuses initiatives visant à promouvoir le jardin en milieu urbain. Cités-jardins, jardins ouvriers, jardins familiaux, jardins partagés, jardins sur les toits... leurs ramifications s’étendent jusqu’à nous et sont plus que jamais vivantes, témoignant d’un désir de nature qui va croissant.

Forte d’un patrimoine multiséculaire d’exception, l’Île-de-France s’affirme ainsi, d’hier à aujourd’hui, comme une terre de jardin à l’avenir plein de promesses.

L'Ile-de-France, un autre patrimoine : Unfamiliar Heritage

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